jeudi 15 février 2018

Un matin est quelque chose de merveilleux, qu'il soit nuageux ou ensoleillé. Il est synonyme d'espoir et nous donne un nouveau début à ce que nous appelons « la vie ». 

Bonne journée à vous.

mercredi 14 février 2018

La libéralisation du dirham pour les nuls.- ladepeche.ma

Flexibilisation, libéralisation, dévaluation, régime des changes… si vous non plus vous n’avez pas de master en économie, LaDepeche.ma vous explique ce que veut dire la réforme du régime de change du dirham et ce qui va concrètement changer pour nous. Décryptage de l’économiste Najib Akesbi qui estime que cette opération est risquée pour le Maroc.

Comment pourriez-vous expliquer la libéralisation du dirham pour qu’un enfant de 12 ans comprenne?

On va acheter une bicyclette importée d’un pays européen. Elle vaut 100 euros par exemple. Ici notre monnaie c’est le dirham. Donc on va payer en dirham. La question qui se pose : quelle est la valeur du dirham par rapport à l’euro ? En d’autres termes, combien de dirhams va-t-on donner pour 100€?
Aujourd’hui, le système de change permet la parité, c’est-à-dire la correspondance entre le dirham et l’euro. Disons que 1€=11 Dh. Ma bicyclette va donc me coûter 1100 Dh.

Le système actuel qui me permet d’avoir un euro pour 11Dh est un système à peu près fixe. C’est Bank Al Maghrib qui fixe cette valeur.

Pour ce faire, elle se base sur la valeur du dollar et de l’euro. C’est comme si on va prendre un panier et y mettre 100 unités : 40% des dollars et 60% des euros. Le mélange des deux c’est ces 11Dh. Ce système permet à Bank Al-Maghrib de déterminer la valeur du dirham par rapport à une valeur référence (euro, dollar, etc).

Qu’est ce qui va changer avec la libéralisation du dirham si j’achète un vélo importé?


Bank Al Maghrib ne parle pas de libéralisation du dirham mais de flexibilité des changes. C’est une libéralisation contrôlée par des limites à ne pas dépasser.

La libéralisation veut dire que le cours du dirham va être déterminé en fonction de l’offre et la demande.

Si l’offre est supérieure à la demande (plus de gens qui veulent vendre que des gens qui veulent acheter, ndlr), le prix va baisser. La valeur de la monnaie se déprécie. Dans le cas inverse, cette valeur s’apprécie et le prix de la monnaie monte. Sauf que Bank Al Maghrib va imposer un point de référence. On garde le même exemple : 1€ = 11 Dh. BAM compte laisser la loi du marché (l’offre et la demande, ndlr) mener le jeu mais dans une limite d’une fourchette de 5%. Et c’est là où cette libéralisation devient contrôlée. Ce taux est fixé à 5%. Si le dirham se déprécie, sa valeur peut monter jusqu’à 11,55 Dh, si elle s’apprécie, elle peut baisser jusqu’à 10,45 Dh.
Dès que le cours du dirham va dépasser 11,55 Dh, BAM va intervenir pour le ramener dans la limite de la fourchette de plus ou moins de 5%. Pour ce faire, elle va recourir à l’achat du dirham avec les réserves de change dont elle dispose.


Maintenant le grand enjeu, c’est les spéculations et les anticipations spéculatives que les acteurs et entreprises vont jouer. C’est ce qui a commencé en début de semaine. En théorie, on dit que le dirham peut monter ou baisser, mais dans la réalité, il ne peut que se déprécier. L’erreur qu’on commet et qu’on va payer cher, c’est que les fondamentaux ne sont pas bons.
Le commerce extérieur a enregistré un déficit de 180 milliards de dirhams l’année dernière. Dans un commerce extérieur où les exportations sont presque deux fois inférieurs aux importations, il y aura forcément une forte demande de devises, ce qui fait que les importateurs vont offrir des dirhams contre des euros et des dollars. Et là, l’offre du dirham va être supérieure à la demande. La situation la plus logique et probable est une demande insuffisante du dirham face à une offre excédentaire. Le dirham va d’abord se déprécier dans la limite du plafond établi. Mais si la demande continue à être faible et que le dirham risque de se déprécier au-delà de la limite autorisée, BAM va se retrouver dans l’obligation d’acheter des dirhams. Elle va donc puiser dans ses réserves de change pour soutenir le cours du dirham.

Le problème se pose quand les acteurs anticipent pour spéculer.

Dès que ces spéculations vont commencer, on va atteindre la limite. Et là on peut rentrer dans une sorte de bras de fer, parce que la capacité d’acheter de BAM n’est pas inépuisable.

Donc vous pensez que cette flexibilité est risquée?

Dès que le bras de fer est là, et ce n’est pas de la science-fiction ceci est arrivé dans plusieurs pays, les spéculateurs, notamment à l'international, vont mettre des quantités de devises tellement importantes que jamais Bank Al Maghrib ne pourra soutenir le dirham. A la rigueur, elle va se battre un petit peu, après elle va laisser tomber. C’est là qu’on va assister à une dépréciation du dirham et perdre sur les deux tableaux: perte de devises et dévaluation du dirham. Ceci est le scénario qui peut se produire en cas de spéculation.

Est-ce que les responsables ont pris le temps de réfléchir à cela, ou sont-ils juste en train d’appliquer ce qui leur a été dicté par le fonds monétaire?

C’est une décision qui n’est pas raisonnable. BAM avance que les conditions sont réunies pour franchir ce pas mais il suffit de jeter un œil sur les statistiques, le niveau des réserves de change : 25 milliards de dollars, la dette extérieure qui est importante, le commerce extérieur qui est déficitaire... Même les ressources extérieures comme le tourisme, les transferts des MRE, les investissements directs, qui sont intéressantes, ne se développent pas suffisamment. Tout cela fait qu’on est loin de remplir les conditions d’une libéralisation du dirham, même contrôlée.

Bank Al Maghrib veut rassurer

“Le passage au régime de change flottant ne conduira pas à une dévaluation du dirham”: le Gouverneur de Bank Al Maghrib se veut rassurant. Abdellatif Jouahri a expliqué mardi 20 juin en mettant en garde contre les spéculations sur une dévaluation du dirham.
"Nous resterons accroché au début au panier 60% euro- 40% dollar US, pour élargir la bande graduellement afin d’éviter un désalignement du dirham", a-t-il détaillé, selon la MAP, avant de justifier cette mesure: “le passage au régime de change flottant constitue un levier d’appui aux réformes engagées par le Maroc, en termes notamment de compétitivité et de productivité, en permettant de faire face aux chocs exogènes, sans affecter les réserves de change”.



mardi 13 février 2018

La réforme du régime de change en 3 questions./ telquel.ma

La flexibilité des changes est un sujet qui inquiète les opérateurs. Le ministère de l'Économie a entamé des ateliers de formation pour expliquer en quoi consistera cette réforme tant redoutée.
Le Maroc a décidé de passer d'un régime de change fixe où ce sont les autorités qui déterminent la parité et qui fixent le cours de change, à un régime flexible où la valeur de la monnaie (cours de change) est le résultat de l’offre et de la demande. Une réforme structurelle, nécessaire et obligatoire, à en croire les autorités en charge de ce dossier à leur tête le ministre de l’Économie et des Finances, Mohamed Boussaïd. Jusque-là, les informations relatives à cette réforme filtraient au compte-goutte sur fond d'appréhension de la part des opérateurs économiques. Les autorités de tutelle ont décidé de communiquer pour expliquer, sensibiliser et surtout rassurer.

Pourquoi une réforme du régime de change ?
La réflexion sur la flexibilité du régime de change a débuté en 2007 pour permettre au Maroc d'être en ligne avec la libéralisation de son économie. Cette réforme du régime de change est également encouragée par la fragilité du régime de change fixe face à l'éventualité d'un choc extérieur important. "Si un tel scénario venait à se produire, il faudrait dévaluer la monnaie d’un seul coup et supporter les conséquences que cela pourrait avoir sur l’économie et la société", nous explique-t-on auprès de Bank Al Maghrib.

La nécessité de cette réforme et son timing s’expliquent en réalité par deux raisons. La première est la prédisposition de l’économie marocaine à opérer ce changement de cap puisqu’elle réunit tous les prérequis (réserves de change, déficit maîtrisé, monnaie en ligne avec sa valeur réelle...). La seconde raison est l’incertitude dans laquelle évolue l’économie mondiale qui comporte de forts risques extérieurs.

En quoi consiste cette réforme?
Le Maroc adopte actuellement un régime administré où c’est Bank Al Maghrib qui fixe le taux de change sur la base d’une parité fixe avec rattachement à un panier de devises (60% de l'euro, 40% du dollar). La monnaie marocaine dispose d'une petite marge de fluctuation de 0,3% à la hausse comme à la baisse. Le dirham évolue donc actuellement dans un corridor de 0,6% au niveau duquel la banque centrale intervient pour acheter ou céder la devise.

Le passage à un régime de change flexible signifie que la banque centrale ne décidera plus du taux de change, qui sera fixé par la loi de l'offre et de la demande annulant ainsi la marge de sécurité qui existait jusque-là. Mais avant d'atteindre ce stade final de flottement total du dirham, le système de change passera par une phase transitoire. Celle-ci consiste à élargir le corridor d'évolution du dirham à un niveau qui n'a pas encore été communiqué.

Parallèlement, la banque centrale travaille sur la mise en place du ciblage de l'inflation qui consiste à faire correspondre le taux d’inflation à un taux cible ou à une fourchette de taux cibles déterminés à l’avance par la banque centrale. "Tout est prêt à ce niveau, on communiquera au moment opportun les éléments à ce sujet", affirme le management de Bank Al Maghrib.

Cette première phase, de flexibilité limitée du taux de change, sera initiée au second semestre de 2017, probablement en juillet prochain selon les échos du marché .

La banque centrale garde la main les premiers mois
Alors qu'actuellement Bank Al Maghrib satisfait l'ensemble des besoins en devises des opérateurs, sans limites et sans ajustements sur les prix, les opérateurs devront réapprendre à gérer leurs besoins en devises et surtout à se fournir les uns chez les autres. "Nous voulons encourager un marché interbancaire. Ceci dit, au cours des premiers mois, nous servirons les devises une fois par jour. Nous opérerons selon un système d'adjudication avec un montant prédéterminé en fonction des besoins estimés pas nos équipes", nous apprend-on auprès de la banque centrale. L'adjudication passera à un rythme hebdomadaire quand le marché sera prêt. En dehors de ces adjudications, la banque centrale est prête à servir les opérateurs, mais avec un prix plus élevé.